Tourisme
et patrimoine
Aux portes de la vallée de la Drôme, découvrez Montoison, son vieux village, ses paysages et son histoire.
La vallée de la Drôme
L’office de tourisme
Entre villages perchés, paysages de rivière et reliefs, la vallée de la Drôme se découvre au fil des balades et des rencontres.
Pour préparer votre séjour, le site de l’office de tourisme rassemble des idées de visites, des itinéraires de randonnée et de vélo, ainsi que des adresses pour se loger et se restaurer.
Le CIAS n’a pas vocation à se substituer aux CCAS qui restent les garants du lien avec les habitants. Il vient en appui pour que chaque habitant puisse avoir accès aux aides et aux services existants.
Origine de Montoison
L’histoire du village
Aux portes de la vallée de la Drôme, le vieux Montoison offre un large panorama, des Préalpes au Massif central. Découvrez ce bourg médiéval avec sa tour et les vestiges de son château.
L’escapade commence en passant la grande porte du Pavé, unique entrée du village jusqu’au XIXe siècle, que protégeait un château érigé en 1201 par les Poitiers, comtes de Valentinois.
Restauré à la Renaissance, il fut utilisé comme prison à partir de 1795, pendant la Révolution. Ses pierres démantelées ont permis de bâtir l’église en 1838, puis, en 1842, la tour du Calvaire, qui est restée l’emblème du village.
On célèbre encore dans le village, et depuis 1889, la traditionnelle « fête des bouviers et des laboureurs », une célébration rituelle dans la Drôme autour de l’agriculture et du travail de la terre.
Un village en cartes postales
Une exposition en plein air de cartes postales anciennes pour découvrir Montoison au fil du temps.
De Cerebelliaca à Montoison : deux mille ans d’histoire d’un carrefour
Un relais sur la voie romaine
Bien avant le village perché que nous connaissons, le territoire de Montoison était déjà un lieu de passage. Sous l’Empire romain, la grande voie reliant Valence (Valentia) à Die (Dea Vocontiorum), puis aux Alpes et à l’Italie par le col de Cabre, traversait notre plaine. C’était l’un des chemins les plus courts pour franchir les Alpes, très fréquenté en toute saison.
En l’an 333, un pèlerin chrétien parti de Bordeaux pour Jérusalem — resté anonyme, on l’appelle « l’Anonyme de Bordeaux » — nota soigneusement chacune de ses étapes. Son récit, l’Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem, est le plus ancien récit de pèlerinage chrétien connu. Entre Valence et Aouste (Augusta), il mentionne un relais routier : la mutatio Cerebelliaca, située à douze milles romains de Valence, soit près de 18 kilomètres. Une mutatio était un relais où voyageurs et courriers de la poste impériale changeaient de chevaux ; on pouvait sans doute y trouver une auberge, un maréchal-ferrant, un point d’eau.
Un carrefour antique
Cerebelliaca n’était pas un simple relais : c’est là que la voie des Alpes croisait un itinéraire nord-sud longeant à distance la vallée du Rhône, par Romans, Chabeuil et Crest. Deux bornes milliaires en témoignent : celle de l’empereur Claude II retrouvée à Saint-Didier-de-Charpey, et celle qui fut longtemps conservée à l’église d’Upie, aujourd’hui perdue. Le secteur de Montoison, Ourches et Upie formait donc, il y a dix-sept siècles déjà, un véritable nœud de circulation.
Où se trouvait Cerebelliaca ?
La tradition locale associe la station à Montoison, et les dictionnaires toponymiques rattachent la commune à la mutatio Cerebelliaca de 333. Les recherches savantes la situent plus précisément au quartier de Sainte-Cerbelle, aux confins d’Ourches et de Montmeyran : ce nom — attesté aussi sous les formes Sainte-Cerveille, Sainte-Cervelle ou Serrebelle — est la déformation directe, au fil des siècles, du nom antique.
Le nom de Cerebelliaca lui-même, d’étymologie incertaine, aurait probablement une origine théonymique : il dériverait du nom d’une divinité gauloise. Sa transformation en « Sainte-Cerbelle » serait alors un exemple classique de christianisation d’un lieu de culte antique, la sainte prenant le relais de la divinité païenne.
Les découvertes s’y sont succédé pendant près d’un siècle. Dès 1830, deux grandes urnes funéraires en terre cuite rouge, d’une contenance d’une vingtaine d’hectolitres chacune, y furent exhumées ; elles contenaient des cendres et des cornes de taureau. En 1844, on mit au jour à proximité dix-huit squelettes alignés côte à côte, de taille remarquable, accompagnés de monnaies des premiers empereurs : les indices d’une nécropole antique.
Le curé d’Ourches signalait aussi, sous un terrain cultivé proche de la route de Crest à Valence, des vestiges enfouis que la tradition du XIXe siècle attribuait aux Templiers. Les fouilles menées en 1903 à l’initiative de l’abbé Calmels livrèrent des cercueils en pierre blanche d’Arles, des fragments de grands doliums (jarres de stockage), des vases et poteries en terre noire ou rouge aux ornements variés, des monnaies diverses et, pièce maîtresse, une inscription chrétienne datée du Ve siècle environ par l’épigraphiste Espérandieu. Des tombes mérovingiennes y ont également été découvertes.
Au même moment, les fouilles du pasteur Vernier à La Baume-Cornillane, commune voisine au nord, confirmèrent l’existence d’une importante agglomération gallo-romaine s’étendant sur les deux communes, qui ne se dispersa qu’au cours des Ve et VIe siècles. Cerebelliaca n’était donc pas un simple relais isolé, mais le cœur d’un habitat groupé qui survécut à la chute de l’Empire. Quelle que soit sa localisation exacte, la station desservait notre territoire, et la route qui la traversait a durablement structuré la plaine.
L’origine du nom de Montoison
Le nom actuel du village apparaît bien plus tard, à l’époque médiévale. La première mention connue date de 998 : le cartulaire de l’abbaye de Cluny cite l’Ecclesia de Monte Ison, « l’église du mont Ison », dans le diocèse de Valence. Suivent, au fil des chartes, Montaiso (1162, cartulaire de Bourg-lès-Valence), Castrum de Montaizo (1201), Castrum de Montesonis (1291), Montayso (1307), Montaysono (1321), Monteso (1332) et Castrum Monteysonis (1456), avant de se fixer en Montoison. En occitan, le village se dit Monteison.
Le premier élément ne fait aucun doute : c’est le mont, la hauteur sur laquelle le village s’est établi, au croisement des chemins d’Allex à Upie et de Valence à Crest. Pour le second, les étymologistes locaux proposent le radical celtique ays (ou aïss), qui désigne une source, une « eau jaillissante » : Montoison serait ainsi le « mont de la source ». D’autres y voient plutôt un nom de personne, comme souvent dans les toponymes en « Mont- ».
Une troisième piste mérite d’être évoquée : celle du ruisseau d’Ozon, qui traverse la commune. Son nom remonte à une très ancienne racine hydronymique préceltique, al(i)z- devenue auz-, désignant les cours d’eau de plaine, lents et modestes — la même famille que l’Auzon, le Lauzon ou l’Oze. Un « mont sur l’Ozon » rejoindrait l’idée de l’eau portée par l’hypothèse précédente. Le rapprochement reste toutefois à confirmer : les formes anciennes du village et celles du ruisseau devraient être confrontées pour l’établir. Le mystère n’est pas entièrement levé — et c’est aussi ce qui fait le charme des noms de lieux.
C’est sur cette hauteur que les Poitiers, comtes de Valentinois, élevèrent un château au tournant des XIIe et XIIIe siècles, autour duquel le bourg médiéval s’est développé. Du relais routier antique au village perché, Montoison n’a jamais cessé d’être ce qu’il était déjà pour le pèlerin de 333 : une étape accueillante au carrefour des chemins.
Pour aller plus loin
La carte de Cassini (levée dans les années 1770-1780), consultable en version interactive sur le Géoportail et feuille par feuille sur Gallica, permet de superposer les chemins du XVIIIe siècle aux vues aériennes actuelles — et de suivre l’alignement supposé de la voie antique entre Valence, les Mottes et Sainte-Cerbelle.
Le cadastre napoléonien d’Ourches et de Montoison, numérisé par les Archives départementales de la Drôme, conserve les noms de quartiers tels qu’ils s’écrivaient vers 1830. Enfin, l’inscription chrétienne du Ve siècle est publiée dans la Revue épigraphique de 1903, et le compte rendu des fouilles dans le Bulletin de la Société d’archéologie et de statistique de la Drôme (t. 49, 1915), tous deux consultables sur Gallica.